Trois heures d'un bus cahotant jusqu'a Udom Say, trois heures supplementaires de minibus affrete rien que pour nous, petit groupe de touristes en mal d'exotisme a la recherche d'un village hors des circuits touristiques du nord Laos.
Nong Khiaw, assis a cheval sur la Nam Ou, coince entre de hauts domes recouverts d'une vegetation dense d'un vert profond, est un de ces villages d'un autre temps dont il se degage une atmosphere du bout du monde.
Et c'est cette atmosphere de grande serenite et tranquilite qui me plait tant au Laos. Les Francais disaient ainsi du temps de la colonisation dans une comparaison un rien sacartisque des Laotiens, Vietnamiens et Cambodgiens que "les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l'ecoutent pousser" !
Et pourtant quelques decennies plus tard, dans un monde qui attache tant d'importance au temps et a l'argent, je suis sous le charme d'un peuple pour qui les journees s'ecoulent jour apres jour semblables a elles memes et pour qui le temps s'eternise dans la similarite des taches et des rites a accomplir.
La descente de la Nam Ou de Nong Khiaw a Luang Prabang en bateau s'est ecoulee comme s'ecoule le temps au Laos : paisiblement, bercee pendant ces 5 heures de ballade par le bruit du moteur, a travers des paysages splendides de montagnes et de jungle epaisse, au spectacle de pecheurs jettant leur filet araigne dans la Nam Ou, d'enfants rieurs jouant sur les berges, de pecheurs endormis sur leur jonque dans l'attente d'une peche miraculeuse.
Une jolie visite des caves de Pak Ou, la ou le Mekong et la Nam Ou se rejoignent a quelques kilometres de Luang Prabang, remplies de milliers de bouddhas, petits et grands, etincelants d'or, avant de debarquer a Luang Prabang, la flamboyante.
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